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Mercredi 11 avril 2018 | Sylvie Fortin collabore à la conférence-débat du philosophe Bernard Andrieu

Être à vif, c’est ressentir l'émersion de son vivant dans sa conscience sans parvenir à le contenir dans la perception habituelle de notre corps vécu. Ce qui est à vif vient excéder notre représentation par le trouble procuré. Le vif est ce vivant contre lequel nous ne pourrions rien, ni par la volonté ni par la liberté. Cette intensité du vivant met à vif notre créativité. Ainsi se retenir d’agir, de l’intérieur même de son corps vivant, est une manière de polir le corps de son incivilité : cette volonté de pouvoir complète ici la volonté de savoir en dévalorisant cette activité spontanée du corps vivant que sont la colère, le désir ou même le mouvement involontaire.

BernardAndrieuLa vivacité doit prendre les formes de la civilité pour devenir agilité, précision du geste, dextérité comme autant de formes codées et affinées. Ce qui trouble la société ce sont justement ces inconvenances gestuelles ou ces harcèlements physiques et moraux qui ne contiennent plus suffisamment la vivacité pulsionnelle et passent à l’acte sans considération d’autrui. Faire preuve de vivacité est cette énergie créatrice, dont Bergson soulignait déjà sa puissance, qui pulse en nous sans jamais se satisfaire. Réagir avec vivacité, ne pas se laisser faire, avoir du caractère, la vivacité se distingue de la vitalité par son caractère non colonisateur, elle répond à l’invasion. La vivacité d’esprit n’est pas la vitesse mais la production rapide de solutions adaptées à l’action in situ.

Bernard Andrieu, philosophe, est professeur à l’Université Paris Descartes, il enseigne l’histoire, la philosophie et l’épistémologie du corps. Il développe les concepts d’écologie corporelle et l’émersiologie pour décrire les relations du corps vivant au corps vécu. Il dirige le laboratoire Techniques et Enjeux du Corps et anime le groupe de recherche du CNRS sur la Body Ecology. Il développe également Le dictionnaire du corps aux éditions du CNRS, et y co-anime la revue Corps. Philosophe du corps, il publie des travaux d'histoire des pratiques corporelles. Il est l'auteur de l’ouvrage Les avatars du corps : une hybridation somatechnique.

Mercredi 11 avril 2018, de 12h45 à 14h
Lieu: UQAM, Pavillon Judith-Jasmin
Foyer du Studio-théâtre Alfred-Laliberté (JM-400)
1400, rue Berri, Montréal
Métro Berri-UQAM