Sylvie Fortin, une carrière exceptionnelle au service de la santé globale de celles et ceux qui dansent

Des ateliers d'éducation somatique pour améliorer le bien-être | UQAM
Photo: Émilie Tournevache

Le Département de danse de l’UQAM tient à souligner le départ à la retraite de la professeure Sylvie Fortin, qui a mené une carrière remarquable de près de 35 ans en enseignement aux trois cycles universitaires et en recherche dans les champs complémentaires de l’éducation par la danse et l’éducation somatique. Titulaire d’une maîtrise en Sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal, obtenue en 1985, elle se joint l’année suivante au corps professoral du Département de danse et complète en 1992 un doctorat en éducation artistique à l’Ohio State University. Enseignante certifiée de la méthode Feldenkrais, sa pratique somatique s’est également enrichie d’études d’une variété d’approches corporelles, telles que le Pilates, le Body-Mind Centering, le Godelieve Denys-Struff, méthode de chaînes musculaires et articulaires et l’Ageless Grace, un programme qui vise le bien-être des personnes de tous âges.

À partir des années 1990, Sylvie Fortin a enseigné l’éducation somatique aux interprètes en danse dans le but de raffiner leurs capacités expressives et techniques. Dans la foulée de son enseignement, elle s’est penchée plus attentivement sur les conditions et les facteurs de santé des danseurs et les moyens de prévenir les blessures liées à leur entraînement comme aux divers contextes de création dans lesquels ils sont engagés. Au cours de sa remarquable carrière, elle a réussi à conjuguer avec originalité et rigueur plusieurs champs de savoirs et de pratiques touchant la danse, la pédagogie en arts, l’éducation somatique, les pratiques corporelles, les recherches féministes en arts, les méthodologies de recherche qualitative et la santé, plus particulièrement celle des artistes et, plus récemment, celle de populations fragilisées sur les plans social et économique.

UQAM.tv | Portrait de Sylvie Fortin, professeure au Département de danse

Au sein du Département de danse, elle a été très active tant dans les programmes de premier cycle qu’à la maîtrise en danse et au diplôme d’études supérieures spécialisées en éducation somatique, diplôme qu’elle a développé afin de répondre aux besoins du milieu de la danse montréalaise en matière d’éducation somatique. Elle a aussi grandement contribué à former les étudiant.es au doctorat en études et pratiques des arts, notamment dans les séminaires de méthodologie de recherche en arts et de recherche-création. Le cumul de ses expertises l’a conduit à superviser de nombreux étudiants.es de deuxième et de troisième cycles, qui agissent activement, à leur tour, dans les milieux artistiques, éducatifs et de la santé.

Pour Sylvie Fortin, l’éducation somatique représente un moyen de rendre service et d’améliorer le mieux-être des artistes comme des personnes issues de divers milieux. Ses recherches reposent sur les recherches-actions, c’est-à-dire des recherches participatives, des recherches terrain, avec principalement des groupes de femmes en situation de vulnérabilité (dépression, troubles alimentaires, fibromyalgie ou toxicomanie). Femme de tête et de cœur, son intérêt pour le bien-être des personnes et son engagement social touche également les enfants en situation de fragilité ou de handicap ( maladies neuromusculaires). Elle a collaboré au fil des ans avec des groupes de recherches partenaires comme le Centre national de danse-thérapie des Grands Ballets Canadiens, le Centre de réadaptation Marie-Enfant de l’hôpital Sainte-Justine et le Pavillon Lise Watier de la Mission Old Brewery. La professeure qualifie son approche comme un processus qui englobe l’enseignement, l’apprentissage et la transformation de la personne par des ateliers de prise de conscience de soi à partir du mouvement.

En 2008, elle a dirigé la rédaction du livre Danse et Santé : du corps intime au corps social, un ouvrage de référence dans lequel des auteurs de plusieurs pays invitent le lecteur à découvrir divers points de vue sur les rapports au corps et à la santé en danse professionnelle contemporaine. En 2011, elle a codirigé un numéro de Recherches Féministes sur les inégalités sociales en santé et, en 2014, un numéro du Journal of Dance and Somatic Practices sur les approches corporelles et l’interculturalité. La même année, elle a coécrit l’un des chapitres de de l’ouvrage Dance, Somatics and Spiritualities dirigé par Williamson, Batson, Whatley et Weber dans lequel est exposé la relation entre la spiritualité et l’éducation somatique. À l’invitation de ses collègues du Département de danse, Hélène Duval, Caroline Raymond et Nicole Turcotte, elle a rédigé l’un des chapitres du livre Faire danser à l’école (PUL)publié en 2018. Conférencière recherchée et respectée, la reconnaissance internationale à l’égard de sa contribution scientifique l’a menée à prononcer de nombreuses conférences et à dispenser des ateliers pratiques dans des lieux majeurs de formation en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. La même année, elle fut invitée à présenter l’une des trois principales allocutions lors du Premier symposium international sur la danse et le mieux-être qui s’est tenu à Montréal.

En 2009, elle fut la première chercheure en danse et santé à recevoir le Distinguished Visiting Scholar Award de l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande. Une reconnaissance soulignant l’étendue de son expertise des approches somatiques. Elle a rédigé une centaine d’articles spécialisés dans des publications de prestiges, telles que Journal of Dance & Somatic Practices, Dance Research Journal, Journal of Dance Education, Research in Dance Education, Journal of Physical Education, Journal of Dance Medicine etArts and Health. Elle fut également une des coauteures du Référentiel pour le développement et l’évaluation de la compétence à créer en art au collège et à l’université sous la direction de Pierre Gosselin, professeur retraité de l’UQAM.

Tout au long de sa carrière au Département de danse, Sylvie Fortin s’est intéressée aux méthodologies de recherche-création et de recherche post-positiviste en art. Depuis 2009, la professeure a mené trois grands projets de recherche-action subventionnés par le Programme d’aide financière à la recherche et à la création des services aux collectivités de l’UQAM. Ces recherches l’ont conduite à collaborer avec des partenaires communautaires, telles que l’Association de l’anorexie et de la boulimie du Québec (2009-2010), le refuge pour femmes, L’Entre-Deux (2011-2012) et l’Association de la fibromyalgie de la Montérégie (2013-2014). L’objectif de ces projets était d’examiner l’impact des cours d’éducation somatique sur la vie quotidienne des personnes atteintes de maladies. Son expertise de pointe l’a également conduite à codiriger une recherche intersectorielle financée par le programme Audace (2018-2020) du Fonds de recherche québécois (FRQ)  : Un pas à la fois, mieux vivre grâce à la danse aux côtés de Bonnie Swaine, directrice de l’École de réadaptation de l’Université de Montréal. Également, L’Inclusion sociale par l’art et La contribution de l’art au rétablissement de personnes marginalisées, constituent deux projets que Sylvie Fortin a contribué à développer au sein de la Chaire de recherche stratégique de l’UQAM pour le développement de pratiques innovantes en art, culture et mieux-être, au côté de la professeure Mona Trudel de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Avec sa collègue Lucie Beaudry, elle a examiné la possibilité d’utiliser la danse et l’éducation somatique en phase aiguë de réadaptation de l’accident vasculaire cérébral (AVC), une recherche menée au bloc de neurologie de l’Hôpital Notre-Dame en collaboration avec la Dre Céline Odier, neurologue vasculaire. Enfin, avec le professeur Martin Lemay du Département des sciences de l’activité physique de l’UQAM, elle fut chercheure principale pour la recherche Co-construction d’un cours de danse adaptée à la communauté pour les enfants avec la paralysie cérébrale : faire tomber les barrières et elle a mené en partenariat avec le Centre de réadaptation Mère-Enfant à Montréal, le projet de recherche Les effets moteurs, cognitifs et psychosociaux des programmes de danse adaptés aux enfants atteints de maladies neuromusculaires visant à étudier les effets moteurs, cognitifs et psychosociaux d’un entraînement de danse adaptée.

Toujours des plus actives dans sa communauté, Sylvie Fortin devient en septembre 2020 professeure associée au sein du Département de danse de l’UQAM.

ARTICLE ACTUALITÉSUQAM
Les joies du mouvement
La spécialiste de l’éducation somatique Sylvie Fortin défend le rôle de la danse adaptée en complément d’un programme de réadaptation.


Complément d’information sur Sylvie Fortin

 »La danse au service de la santé » sur La Fabrique culturelle.tv
https://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/12468/la-danse-au-service-de-la-sante

“La science de l’art: La danse” sur savoir.média
https://savoir.media/la-science-de-lart/clip/la-danse

Soigner l’âme par le mouvement
Des ateliers d’éducation somatique améliorent l’état de femmes souffrant de dépression ou de troubles alimentaires.
https://www.actualites.uqam.ca/2013/des-ateliers-deducation-somatique-pour-ameliorer-le-bien-etre

Portrait de Sylvie Fortin, professeure au Département de danse sur uqam.tv
https://tv.uqam.ca/portrait-sylvie-fortin-professeure-departement-danse

Département de danse

Le Département de danse de l’UQAM offre un enseignement universitaire qui apporte de nombreux avantages à l’artiste en devenir. Assuré d’une formation rigoureuse au quotidien, il développe tout à la fois technique corporelle et pensée réflexive sur sa profession et ses habiletés

Suivez-nous

Coordonnées

Département de danse
Local K-4210
840, rue Cherrier
Montréal (Québec) H2L 1H6